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* Qui ? * Quoi ? * Où ?

Pong Musical – Steve Hillage – Live Herald

J'en ai mis du temps avant de répondre au dernier Ping… Il faut dire que pendant tout le mois de décembre j'ai un peu été débordé par un album par jour à écouter. Difficile de reprendre ma respiration… Mais ça y est, c'est bon. Alors parlons de Big Scenic Nowhere.

Moi ça m'a fait penser à un album Live de Tangerine Dream qui s'appelle « Encore ». Les premières voix auraient pu été chantées par un Pink Floyd jeune, l'arrivée de la basse est hypnotique, la batterie lourde et précise, la guitare est grasse juste ce qu'il faut… c'est vrai que Big Scenic Nowhere est hypnotique, c'est vrai que j'ai vu le gars De Gilead, penché en avant pour lutter contre ce qu'il ne sait pas être un Furvent, mais qui en n'est pour autant pas moins redoutable à affronter pour qui veut suivre ce Sentier du Rayon qui le tire encore et encore vers son futur, ouais, c'est vrai que c'est La musique qui accompagne Roland dans sa quête. Certain. Le Gars Aux Cheveux Magiques a encore une fois tapé dans le mille. Comme souvent.

Ou à moins que ce soit une association suggérée par le fourbe… Quand ton cerveau a le malheur d'associer une musique avec une image, une situation, une émotion, pour le meilleur ou pour le pire cette association est scellée pour ton éternité à toi, pauvre humain, semble-t-il. Le Sikaflex à côté c'est de la colle blanche en pot pour classe de maternelle… Quarante ans plus tard, quelques notes de Boogie jouées par une Telecaster traversant un marshall, et tu ressens derrière l'estomac les serrement de tes premiers amours, quelques notes de flûte te ramènent dans une chambre enfumée, lové dans une poire (?), et des synthés du Tangerine Dream évoqué dans le Ping précédent te renvoient à….

….bon, là il faut être honnête, si un de mes enfants lit le passage qui va suivre, il risque d'être traumatisé… Parce qu'on imagine tous être le fruit d'une conception, comment dire, enfin bref, les parents n'ont pas de sexualité, c'est bien connu. Enfin si, mais les autres parents, pas les miens. C'est sans doute pour ça qu'a été inventée la théorie de l'immaculée conception. Pour ça et pour d'autres choses, peut-être, je ne suis pas spécialiste de religion. Pas plus que spécialiste de quoi que ce soit, d'ailleurs, juste curieux de tout. Mais pas de la sexualité de mes parents. Ce qui m'amène à proposer à ma progéniture de ne pas lire le prochain paragraphe. De directement passer au suivant. Ou, si la tentation risque d'être trop grande de carrément fermer cette page, de détruire l'écran de l'ordi ou du téléphone, d'exploser la box à coups de marteau, de masse, de pierre (le minéral, pas un copain qui par malheur s’appellerait Pierre, avec un p majuscule), de faire vœu de chasteté numérique, bref la tentation est un poison, c'est bien connu… Mais rendez-vous plus loin si vous voulez…

…donc les synthés de Tangerine Dream, dans le Live qui s'appelle Encore, quel curieux hasard dont je prends conscience pour la première fois en écrivant ces lignes, sacré travail de Psychanalyse à faire bien évidemment, bref ces synthés me renvoient à un sentiment de plénitude, un relâchement, une zénitude, comme seuls on en connaît après une séance de jambes en l'air particulièrement longue, épuisante et satisfaisante. Quoi ? C'est tout ? Rien de plus ? Pas de noms ? Pas de détails ? Pas d'images, de positions évoquées, décrites ? Ben non, désolé, c'est une partie intime de ma vie, des souvenirs que je tiens bien au chaud en moi, des moments privés vécus dans ma chambre où la tapisserie psychédélique orange des années soixante dix se mariait bien avec mes posters…

…coucou les enfants, vous revoilà ? J'en suis ravi.

Mais parlons plutôt de Live Herald. J'avais acheté le 23 décembre 77 et beaucoup aimé l'album studio qui le précède, « Motivation Radio ». Alors quand l'occasion s'est présentée le 13 mars 78 de faire Poitiers – Limoges à 5 dans une 4L pour aller voir Steve Hillage, et bien je ne l'ai pas ratée. Je ne me souviens plus si j'ai acheté Live Herald avant de le voir en concert ou après. En tout cas c'est exactement ce concert que j'ai vu. Ça commence fort avec cette descente de guitare, ce petit moment planant avant d'attaquer le riff bien Rock de « Salmon Song ». Vous n'aurez  pas longtemps à attendre pour vous évader tranquillement avec la guitare et les synthés qui vous tisseront un petit tapis douillet sur lequel vous pourrez vous allonger pour aller faire un petit tour… Petit le tour, parce qu'il faudra vite revenir pour goûter à nouveau de cette guitare à l'accent Rock Le second morceau commence calme, avant l'arrivée d'un combat de Moog contre guitare avec une batterie et une basse qui font bien leur boulot pour mettre en valeur cet affrontement, cette association de moments planants et de moments rock. Le troisième morceau « Castle In The Clouds » introduit en douceur le « Hurdy Gurdy Man » piqué à Donovan, la guitare se lance dans un très bon solo, avant que le morceau n'aille titiller le public, le poussant à remuer un peu et battre des mains, la suite n'est qu'une montée infernale de la guitare, du rythme, avant une explosion finale.

Bon, je vais pas vous décrire chaque morceau… Sachez seulement que c'est de la guitare Rock, mais pas seulement, qu'il y a des moments avec des synthés et séquenceurs bien planants, mais pas seulement, que ça tire même un peu sur le progressif, mais pas seulement. L'utilisation de nombreuses pédales d'effets, de bande pré-enregistrées, l'attention apportée au son, à l'équilibre, la qualité des musiciens, dont, cocorico, un français à la guitare rythmique, Christian Boulé, et, cocorico à nouveau, Miquette Giraudy au triturage des claviers et séquenceurs, en font un disque intemporel, bref c'est de la très bonne musique.

Petit message pour les puristes. Les trois premières face du Vinyle étaient enregistrées Live, la quatrième face était constituée de quatre morceaux studios. La ré-édition CD ne concerne que la partie Live. Les quatre morceaux studio se trouvent sur le CD « Open ».

En ce qui concerne Big Scenic Nowhere, ça restera attaché à la traversée du désert du Pistoléro, comme Tangerine Dream est attaché à…. eh, vous croyiez que j'allais vous le dire ? Secret je vous ai dit….

Bonne écoute.