~/

* Qui ? * Quoi ? * Où ?

Pong Musical – The Dave Matthews Band – The Central Park Concert (2003)

Rush !!! Bon, je crois, non je suis certain, avoir déjà parlé de ma cécité adolescente. Quoi ? Passer à côté de Rush !!! Le gars à la tartine miellée dans son bain doit aimer retourner la plaie autour du couteau, doit avoir un message à me faire passer, du genre : « Tu vois mon vieux, j’ai tué le père. Tu n’es plus pour moi cet être hors du commun, tu n’es plus ce personnage musicalement omniscient, capable de reconnaître n’importe lequel de ses albums (enfin presque ) en quelques secondes… Tu n’es qu’un loser fan du loner passé à côté de Rush… » .

Bon, c’est vrai, je confesse devant les Dieux de la Musique avoir commis un très très grand péché. Je n’ai pas assez cherché dans les bacs des disquaires… Ou alors le mec de la Rue de la porte de Paris avait oublié de commander les albums sur la page R du catalogue. Ou alors la page avait été arrachée par son gamin qui était peu respectueux de la chose écrite.. Qui, forcément, était devenu un délinquant. Parce que c’est bien connu : Qui déchire la page des R, finit dans le système bancaire (donc un peu/beaucoup délinquant…). Bref, c’est peut-être pas de ma faute…

Je vous ai déjà dit que tout était lié ? Oui ? Bon, ben je vais recommencer… Mais d’abord faut que je vous parle un peu de cet album : et bien voilà plus de deux heures et demie bien remplies de notes, de riffs bien gras, de basse agile et de batterie lourde et légère à la fois. Grosse caisse et caisse claire qui pilonnent, cymbales où se posent des papillons qui les font doucement vibrer. Puissant et mélodies sympas. Il n’y a qu’un truc qui me chagrine : la voix de Geddy Lee qui agace mes neurones musicaux. Parfois un peu juste, parfois à la peine. Mais les copains Alex et Neil compensent, d’autant plus que le jeu de Basse est du même niveau. Juste la voix qui m’irrite un peu..

Mais Rush c’est pour moi Un titre : Limelight. Entendu et réentendu sur Morow, The Progressive Rock Radio. Parce que le Baigneur m’avait fait découvrir les joies de l’ère numérique : la radio en ligne. Et puis comme c’est un petit futé il avait même dégoté un petit programme pour extraire et enregistrer tous les morceaux qui sortaient de ce robinet grand ouvert. Balaise le fiston. Je crois qu’il s’est forgé un grande culture musicale, essentiellement progressive comme le proclamait la copine Morow. De temps en temps un titre de mon époque… Du Genesis, King Crimson, Pink Floyd… Mais aussi Steven Wilson, Riverside, Transatlantic, The Tangent, Frost….

Ma radio à moi, c’était un radio cassette Philips, avec façade en joli plastique imitation bois. Et un radio cassette, ce qui est bien c’est que ça enregistre la radio. Un jour j’ai enregistré un type inconnu dans « Stop ou Encore ». Une émission pleine de pub où le public appelait pour dire Stop ou Encore à un artiste. Tu entendais donc de une à cinq chansons. C’était le soir. Quand la ménagère de 50 ans se pose devant la télé. Et là j’ai entendu (et enregistré) « Don’t Cry, No Tears », « Pardon My Heart », « Stupid Girl », « Drive Back » et « Through My Sails ». Les auditeurs avaient dit Encore !! Je venais de tomber dans le monde du Loner en cinq morceaux. « Zuma ». J’ai écouté et écouté ces cinq morceaux jusqu’à ce que je puisse m’acheter « Zuma ». En ces temps disonauresques le temps entre le désir et le plaisir pouvait être assez long. Ce qui n’était pas si mal que ça en fait.

Donc tout est lié. Si si. C’est d’ailleurs le postulat et la règle de ce jeu du Ping-Pong. Quand j’ai écouté cet album, long, très long concert plein d’énergie, qui visiblement enthousiasme la foule présente, j’ai pensé à un autre concert ayant aussi nécessité 3 CD pour le retranscrire, là aussi enthousiasmant. Les deux longues intros participent de la même façon de faire monter le désir avant de lâcher les chevaux. On est pourtant dans deux univers différents, Progressif d’un côté, Rock-Folk de l’autre, mais l’exigence musicale est la même. Je parle pas de la qualité des musiciens : Carter Beaufort et Neil Peart ont dû voir la même fée se pencher sur leur berceau. Pas de guitare électrique, mais un violon. Un clavier qui soutient bien caché derrière. Bassiste au gros son, technique proche du Jazz parfois, des cuivres bien chaleureux, et une voix bien éraillée chez le gars Dave Matthews qui mouille rapidement le maillot tellement il donne tout sur chaque morceau.

J’ai rencontré le gars Dave grâce à un Dvd de Carlos Santana, Supernatural Live, Dvd qui avait chez les enfants autant de succès que les Télétubbies. Et perso je préférait entendre ce Dvd que les Casimirs Anglais. Doivent être coincés chez eux maintenant… Comme quoi le Brexit a du bon. Et je suis tombé amoureux de sa voix. Alors j’ai fouillé un peu, cherché, pour en savoir un peu plus . Et je suis tombé sur une vidéo où le groupe reprend « Cortez The Killer », morceau phare de « Zuma », avec un invité à la guitare : Warren Haynes. Warren Haynes !! L’excellent guitariste de l’ABB, que les américanophiles connaissent bien, groupe qu’il ne faut pas confondre avec ABBA, que les suèdophiles connaissent bien, mais les fans de l’ABB sont rarement des fans d’ABBA.

Bref, un morceau de Neil Young repris par Dave Matthews, avec Warren Haynes à la guitare ? Je n'ai pas besoin de beaucoup réfléchir, je me précipite pour écouter. Et ça le fait. Pourtant, j'avoue, je suis plutôt du genre gardien du temple, attention, on respecte les morceaux du Loner, on ne les transforme pas tant ils sont parfaits, on les interprète avec respect, on est précautionneux, on ne les abîme pas. L'archétype du vieux con... Et puis ensuite, alors que je suis encore plein d'endorphines, l'IA de Youtube me propose Two Step. Que celui qui n'aime pas sorte de cette pièce tout de suite. Je sais bien que je suis tout seul devant mon ordi, c'est juste une façon de parler, une façon de montrer mon mépris pour ceux qui resteraient de marbre devant ces 19 minutes orgasmiques. Qui dégoulinent de partout du plaisir de jouer ensemble. Je crois que je me suis repassé le morceau au moins trois fois. Quand on attaque la montée avec le piano, la basse t'a déjà légèrement vrillé la tête, la batterie vient se mêler à la fête, parce que c'est bien de fête qu'il s'agit, une explosion de couleurs, de mouvements plus gracieux les uns que les autres, une parade amoureuse entre instruments, ça s'apaise, et la batterie se la joue à la Neil Peart, et pour la fin on a droit à une jolie explosion de rythmes bien entrelacés, le groupe ne pouvait pas faire moins. Et l'explosion du public se comprend bien... Alors j'ai écouté l'album, et je recommence souvent. Parce que j'aime me faire du bien. 

Tout est lié… La radio Morow a apporté Rush dans le jardin musical du gars qui s’intéressait déjà à la musique et à la politique en maternelle, bon faudrait quand même lui demander si sa première écoute de Rush vient de là. La radio m’a apporté le Loner, et de fil en aiguille le Dave Mattews Band. La radio du grand m’a apporté Rush. Mon radio cassette Philips va lui apporter le Dave Matthews Band.

Mais bon, je parle je parle, je vous retarde : il est temps pour vous d’aller vous faire plaisir. Bonne écoute.