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Pong Musical : Wishbone Ash – Live Dates 1973

Oh là là, la concision du chevelu !!! Peut faire aussi court qu’il a eu le cheveu long le Furventesque. Et encore plus long quand le cheveu était mouillé et détendu. Assurément pas assez long pour le monter en corde de guitare, mais en violon ça devait passer, même sur un alto ça devait le faire…

Et une fois de plus le texte accompagnant le choix musical du gars qui prend soin a provoqué chez moi quelques neuronesques ruminements. Cette fois c’était : est-ce un message subliminal pour me dire que décidément j’utilise beaucoup de mots pour dire pas grand chose ? Mmmhhh….oui, oui, ça mérite réflexion. C’est vrai que c’est une tendance dès que je peux aligner des mots. À l’écrit, parce qu’à l’oral je ne fonctionne pas vraiment comme ça. J’aime bien écouter…. ce qui nous ramène à ce Pong Musical.

Le Blues Touareg, que j’ai découvert comme beaucoup par Tinariwen, provoque les mêmes frissons que les autres branches du Blues. Les musicologues et autres ethnologues ont dû passer des heures à se torturer la tête pour décrire la proximité évidente de la culture Touraeg et du Blues. Mais pour moi c’est tout simple : ce qui fait vibrer c’est l’Ostinato, la répétition entêtante d’un même rythme, d’un même thème sur lequel on va venir broder un peu, soit avec d’autres rythmes ou des arrangements harmoniques plus ou moins complexes. Bref, la Boucle, la Transe. Ce que le minot appelle le Pouvoir du Rythme. Cf un récent post sur Blogus Librus.

Et quand la musique est née au fin fond d’une grotte qui servait de refuge, autour d’un feu, c’était déjà comme ça. Faut pas me demander comment je sais ça, je le sais, c’est tout. Peut-être que j’y étais, enfin pas moi, mais quelques atomes qui me composent aujourd’hui étaient déjà dans un mec qui s’habillait avec des peaux de bêtes, chassait comme un pied parce qu’il était pas foutu de lancer une lance bien pointue, mais la tribu, non, la horde convient mieux, bref on le gardait car comme il aimait taper pendant des heures sur différents objets creux ça faisait une animation au fond de ces grottes où les soirées étaient bien longues vu qu’on avait pas encore inventé la radio.

Comme nous tous, la musique est née en Afrique, et par la magie des migrations et des échanges commerciaux genre commerce triangulaire, l’Ostinato, qui était partout en Afrique, s’est retrouvé en compagnie des esclaves dans les champs de coton, et le Blues est né, puis est revenu inspirer quelques Touaregs qui se sont mis à jouer tout naturellement avec des Gibson et des Fender, preuve du génie mercantile des USA, jouer donc un truc qui leur était aussi naturel que regarder les étoiles la nuit dans le désert. Je dis ça parce qu’il paraît que dans le désert les étoiles sont bien plus nombreuses et bien plus scintillantes que chez nous, mais je sais pas, je suis jamais allé dans le désert… Mais j’imagine qu’il est naturel de regarder le ciel dans le désert.

Moi en Afrique, il y a un autre truc qui me file des frissons : la Kora. Le son me fait frissonner la moelle épinière de plaisir. Alors j’ai pensé répondre à ce si court Ping par Sona Jobarthe avec son album Fasiya : c’est plein de respect pour les racines tout en étant très moderne dans le traitement. Et là aussi ça Ostinate pas mal. Exactement comme Imarhan ou Terakaft. Et il eût été logique de Ponguer cela à un si bon Ping. Mais non…

Mais non, parce qu’une des règles jamais écrites de ce jeu est aussi de faire un pas de côté, ce que je sais si bien faire avec grâce en poussant avec la main droite et en tirant avec la main gauche, de saisir un élément du Ping pour le faire ressortir dans le Pong suivant.

Et aujourd’hui, comme le pingueur fou l’a déjà compris, mon déclic fût l’Ostinato.

Alors allons-y : voici un album toujours mal noté, toujours décrié, mais qui a étrangement des fans, d’un groupe toujours mal noté, toujours décrié mais qui a étrangement des fans. Ça commence pourtant mal : une pochette jaunasse, pas vraiment attirante, mais qui, oh surprise possède un petit détail fort intéressant pour les chicaneurs du cerveau : j’ai cru choisir cet album à cause des thèmes longuement développés, des arabesques de guitares qui s’enroulent encore et encore… Mais il y a le mot arabesques qui renvoie au Ping… Et puis il y a aussi le Touareg sur la pochette…. Diantre : que de coïncidences ! Alors quel fut le déclic ? À vous de choisir…

Vu que j’ai déjà été assez longuet, je vais pas vous passer les morceaux un par un : vous êtes assez grands pour apprécier tout seuls les guitares (Flying V pour Andy Powell et Les Paul ou Stratocaster pour Ted Turner). Sans doute serez-vous bluffé par le monumental Phoenix, ou le non moins bon The Pilgrim, mais tous les autres morceaux sont très bons aussi.

Premier PS : Wishbone a fait d’autres Live Dates : là il s’agit du premier, celui de 73.

Second PS : Mes rêves on été bercés plusieurs années par un poster de Best ou Rock & Folk amoureusement punaisé à la tête de mon lit de jeune adolescent. Un de ceux que j’ai préféré.