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C’est tout con finalement, utiliser le web ça pollue, ça pollue même pas mal selon ce que l’on fait sur le net. Je ne m’y étais jamais vraiment intéressé et c’est en écoutant un podcast de l’émission Interception de France Inter que j’ai voulu en savoir plus sur le sujet.

Un mail avec pièce-jointe -> une ampoule basse-consommation relativement puissante pendant 1h, 24Watt-heure

J’ai appris en écoutant l’émission que la majorité des data-centers en France se situent en Seine-Saint-Denis, on en dénombre presque une quarantaine. Et, bien naturellement, ces data-centers sont assez énergivores. Il faut beaucoup de puissance pour faire tourner les milliers de serveurs, refroidir les pièces où la température peut atteindre rapidement la cinquantaine de degrés Celsius, ce qui impacterait la puissance des processeurs si les pièces n’étaient donc pas refroidi pour atteindre une température optimale d’une vingtaine de degrés.

Ce qui est encore plus inquiétant c’est la quantité de fioul stocké dans les sous-sols de ces bâtiments pour alimenter la climatisation et. Les data-centers représentent donc un danger potentiel pour les riverains. Ils sont bien entendu sécurisés mais le danger est là. Les générateurs sont présents en nombre pour pallier aux imprévus, la redondance qu’on appelle ça.

Il est intéressant de noter que des personnes se penchent sur le sujet et essaient de proposer des solutions intéressantes, utilisant la chaleur produit par les serveurs pour alimenter des piscines1 par exemples.

J’aime beaucoup le fait que le fameux cloud qu’on utilise tous est bien réel. Si l’on se déplace dans les pays, comme les États-Unis, où l’électricité est principalement crée avec des centrales à charbon aux nuages noirâtres qui s’en échappent jours et nuits. Les mastodontes d’Internet ne s’y trompent pas et, dans une recherche toujours plus forte de ce fameux profit, ils s’installent massivement en Caroline du Nord par exemple pour bénéficier de cet électricité peu coûteuse en billets mais coûteuse pour les poumons…

Il semblerait que ces grandes entreprises du web commencent doucement à prendre conscience de l’impact néfaste sur le climat et la population et agissent donc en conséquence en migrant vers des solutions plus responsables. Ainsi Apple a crée un parc solaire immense près d’un de ses data-centers pour alimenter l’alimenter autrement. Les pays nordiques et leur climat glacial sont un nouvel eldorado pour une climatisation naturelle.

Et si la solution écologique passait par l’auto-hébergement ? une utilisation adaptée pour notre petit usage et non pour le plus d’utilisateurs possibles, avec une empreinte écologique plus raisonnable et modulable ?
Et si au lieu de faire tourner des serveurs non-stop, à pleine puissance, on les utilisait raisonnablement, simplement pour nos petits besoins, sans voir trop grand ?

Et si Internet avait changé notre vie au point de consommer plus qu’il n’en faut, plus que notre cerveau puisse assimiler ?
Internet est un outil fabuleux, un outil précieux, car il a apporté, et continue d’apporter un lien inédit entre les Hommes et permet la création et le partage. Mais il permet également la diffusion massive du superflu, la consommation écervelée qui ne vit que dans l’instant, qu’on oublie rapidement.

Perdus dans le flux de données on ne prend plus le temps de réfléchir à l’impact de nos gestes, de nos données…


Sources :
Interception: Cliquer, c’est polluer

Internet, la pollution cachée, 2014

Pour aller plus loin :
Power, Pollution and the Internet

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